Stratégies digitales de l’industrie pharmaceutique : qu’attendent les médecins aujourd’hui ?

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Très tôt internet a été perçu par l’industrie pharmaceutique comme un moyen d’apporter des services en plus à la cible privilégiée des labos ; à savoir les médecins.

Services qui, dans les années 2000, ont été orientés vers la pratique médicale et scientifique des professionnels de santé. Bon nombre de laboratoires proposaient via leur espace sécurisé et réservé aux médecins, des accès à des bases de données médicales, un accès vers Pubmed, des modules de FMC, des retranscriptions de colloques médicaux, des résultats d’études ou autres actualités médicales ou socioprofessionnelles. Ce fut l’occasion de proposer au fil de ces années, de nouveaux supports de communication vers les médecins, en soutien d’une force de vente en pleine mutation. Ainsi, podcasts, widgets, blogs, modules de e-learning, de e-detailing (un peu plus tard), ou des portails professionnels, tel que le très réputé Univadis, virent le jour.

Aujourd’hui encore, les laboratoires continuent de proposer aux médecins des espaces privatifs autour d’une pathologie ou thématique où le laboratoire peut communiquer entre autres, des informations concernant ses produits, tel les exemples du site Medclic.fr, lancé en 2011 par le laboratoire AstraZeneca, proposant de nombreux services et informations par spécialité : médecine générale, pneumologie, cardiologie, oncologie, gastro-entérologie. Ou du site « Au coeur de la FA » réalisé par Boehringer Ingelheim, site d’information et formation à la fibrillation atriale, dédié aux professionnels santé.

Mais force est de constater qu’une évolution s’opère depuis ces dernières années autour des attentes des médecins. Est-ce dû à un glissement générationnel des médecins qui met en face des laboratoires, des profils « Digital Native » ayant  un autre rapport avec le média et donc d’autres besoins ? Besoins de partages entre pairs, une appétence pour un esprit de communauté, une habitude de consommation « rich média », une « addiction » aux smartphones et applis mobiles…

Sans doute, mais la pyramide des âges des professionnels de santé n’est pas la seule raison. Il convient également d’évoquer l’évolution de la relation médecin-patient et du rôle majeur de l’utilisation d’internet dans ce changement de paradigme. Un patient devenu e-patient, consom’acteur et qui attend beaucoup plus de son médecin qu’auparavant, en termes d’écoute, de conseils, de temps passé ou de pédagogie.

Une évolution des attentes de la cible qui doit amener les laboratoires à faire évoluer leurs stratégies digitales vis-à-vis des médecins. Du côté des mobiles, et en écho aux dernières études du Vidal et du Cessim sur l’usage des mobiles via les professionnels, les labos semblent avoir pris la mesure du phénomène et cela semble s’organiser avec des réalisations internationales qui peuvent avoir leur déclinaison à un échelon national au sein de chaque groupe pharmaceutique (ex d’applis : Pfizer Oncology RCC, Pfizer Dr Mobile, Bridion Dose Calculator, Novartis IPSS Calculator…) et bon nombre d’entre eux proposent des applis à usage professionnel pour aider le praticien dans sa pratique quotidienne.

Entre la génération des médecins « digital native » qui va bientôt quitter les bancs de la fac, les nouveaux addicts aux communautés médicales en ligne qui ont déjà adopté les principes d’une médecine plus collaborative et les innombrables attentes des e-patients, les médecins ont donc, eux aussi, des besoins en digital qui évoluent à vitesse grand V ! Les laboratoires pharmaceutiques doivent rester très à l’écoute…

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